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PRIME A LA CASSE, LE RETOUR

News du 01/03/2013
Le ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ont confirmé l’information publiée par Le Parisien, une prime à la casse appelée « prime de conversion » est à l’étude pour les voitures polluantes. Que penser d’une telle mesure ? Il existe de nombreux paramètres à prendre en compte. Tout d’abord, quels types de voitures seraient concernés par la mesure ? Selon Delphine Batho, la prime viserait à remplacer 27 % du parc automobile soit environ 7 millions de véhicules, essentiellement de vieux modèles fonctionnant au diesel. Dans sa volonté de réduire la facture pétrolière, les différents gouvernements qui se sont succédé ont favorisé fiscalement le diesel. En 1980, les moteurs diesel ne représentaient que 4 % du parc automobile contre 60 % aujourd’hui. Or, la pollution due au diesel provoquerait, selon le Centre international de recherche contre le cancer, agence spécialisée de l’OMS, plus de 42 000 morts prématurées par an en France. Inverser cette tendance est donc aussi un objectif de santé publique. Delphine Batho en estime d’ailleurs le coût sanitaire : entre 20 et 30 milliards d’euros.

La Cour des Comptes a aussi pris sa machine à calculer. Dans un rapport sur les exonérations d’impôt anti-écologiques publié dans Libération le 28 février, elle chiffre à près de 7 milliards d’euros par an le manque à gagner pour l’Etat de la différence de taxation entre le gazole, 42 centimes par litre, et l’essence, 60 centimes par litre. C’est d’autant plus inexplicable que le différentiel de consommation moyenne entre le diesel et l’essence s’est considérablement réduit, 4,8 l/100 km contre 5,6 l/100 km. L’alignement de la fiscalité des deux carburants est « incontournable », selon Delphine Batho. Mais, pour faire passer la pilule aux automobilistes, il faut une contrepartie : et revoilà « la prime de conversion ».

Quel en serait le montant ? Le gouvernement y réfléchit. Mettons-nous quelques instants à la place du ministre du Budget et jouons aux devins. Il y a 7 millions de voitures à changer. S’il aligne les taux d’imposition entre essence et diesel, il récupère près de 7 milliards d’euros. Une aubaine en ces temps de restriction budgétaire mais il doit en redistribuer une partie sous forme de prime de conversion et tenir compte de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, ce qui empêchera un alignement total. Pour mémoire, les primes à la casse Balladur et Juppé se situaient entre 5 000 et 7 000 francs, entre 750 et 1 100 euros, et avaient concerné 1,6 million de voitures pour un coût de 1,3 milliard d’euros. La prime de conversion devrait ainsi osciller entre 1 000 et 2 000 euros. D’autres considérations entreront en jeu, notamment le soutien qu’entend apporter le gouvernement au secteur automobile en plein marasme. Si Renault attend une décision pour s’exprimer, PSA se déclare favorable à cette initiative.

Apres la « Balladurette » et la « Juppette », se profile « l’Ayraultette »…

Philippe Fort
 
 
 




























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