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QUAND 3 DEVIENT 3,5

News du 01/01/2013
Pour connaitre la politique économique française, il faut lire la presse… allemande. Le 27 décembre, Pierre Moscovici publiait une tribune dans Handelsblatt, un quotidien économique allemand sur la politique budgétaire française. « La France n'a pas adopté de budget à l'équilibre depuis 30 ans. La dette publique a atteint le chiffre intolérable de 1.700 milliards d'euros en 2011 », constatait-il avant d’affirmer : « Il est de notre devoir d'inverser la tendance ». « Après 5,2 % de déficit public en 2011, la France a l’intention de diminuer son déficit au plafond de l’Union européenne de 3 % du PIB l’année prochaine et de diminuer la dette à partir de 2014 », poursuivait-il. « C’est un plan ambitieux et nous avons l'intention de l'atteindre sans mener la politique périmée de hausse des impôts et des dépenses publiques », écrivait-il également, affirmant même : « Pour les cinq prochaines années, il y aura plus de coupes dans les dépenses que de hausses d’impôts et cela rapportera 60 milliards d’euros ». Ces déclarations d’intentions volontaristes sont néanmoins irréalistes. Elles reposent sur une croissance de 0,8 % en 2013. Elles se heurtent ainsi aux prévisions de l’OCDE, + 0,3 %, de la Commission européenne et du FMI, + 0,4 %, le Fonds monétaire international estimant que les perspectives de croissance de la France « demeurent fragiles», et qu’elle n’atteindrait pas son objectif de réduction du déficit à 3 % du PIB. Alors pourquoi maintenir des prévisions dont tout le monde sait qu’elles seront corrigées à la baisse dans quelques mois ? Le calendrier politique semble être en faveur du gouvernement. La Commission européenne ne réactualisera ses prévisions qu’en février et ce n’est qu’en avril que la France présentera, à Bruxelles son nouveau programme de stabilité pour 2013 et les quatre années suivantes. Le gouvernement aura le temps d’ici là de revoir sa copie et ses hypothèses de croissance… si cela s’avère nécessaire. En effet, le FMI, craignant une récession plus forte avec des politiques d’austérité plus sévères préfèrerait un assouplissement des règles sur les déficits publics. Christine Lagarde, sa directrice générale, affirmait d’ailleurs, également dans un journal allemand, Die Zeit que «l'Allemagne et d'autres peuvent se permettre d'aller un peu plus lentement que d'autres dans l'assainissement de leurs finances publiques». Edward Gardner, le chef de mission, quant à lui, déclarait le 26 décembre : « notre conseil, c'est que la France discute dans un contexte européen plus large de la politique appropriée pour 2013».

En réalité, la France continue d’affirmer qu’elle respecte le pacte de stabilité en attendant que les 3 % actuels deviennent 3,5 %. Le tour est joué. Reste quand même, ce n’est pas encore gagné, à faire avaliser cette modification par Bruxelles. La réduction des dépenses et des déficits, ce n’est pas pour 2013. Pour la reduction des impots, il faudra patienter.

Philippe Fort
 
 
 




























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