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LE NOUVEAU CANAL DE PANAMA

News du 01/04/2016
Panama, son canal, son chapeau… Ça, c’est l’image du passé. Même si le pays a décidé d’agrandir le canal pour rester un passage significatif entre les Océans Atlantique et Pacifique, Panama, aujourd’hui, évoque plutôt drogue, blanchiment d’argent et paradis fiscal. Les « Panama Papers » ne font que conforter cette nouvelle image. Les 2.6 térabytes de données, 11.5 millions de documents fournis au journal allemand, le Süddeutsche Zeitung, proviennent d’une seule entreprise panaméenne spécialisée dans les services financiers au sein de paradis fiscaux, Mossack Fonseca. Créée en 1977 par Jurgen Mossack et Ramon Fonseca, la société propose des coquilles vides, des sociétés écrans, et des services qui y sont associées à ceux qui en ont besoin, 214 000 apparemment, selon les Panama Papers, en près de quarante ans d’existence. Avec près de 500 collaborateurs et des bureaux dans la plupart des paradis fiscaux, notamment aux Iles Vierges Britanniques, Mossack Fonseca serait devenue la quatrième plus importante entreprise proposant ce type de services dans le monde. Une petite entreprise qui ne connait pas la crise. En raison de la concurrence existant entre paradis fiscaux, Mossack Fonseca aurait même aidé Anguilla à rédiger les lois règlementant les sociétés, permettant, entre autres, de créer une entreprise pour une journée seulement et conseillant à cette petite ile des Caraïbes d’adjoindre « British », plus rassurant, à son nom.

Contrairement à la mise en garde des journaux diffusant les Panama Papers qui rappellent que placer de l’argent dans un paradis fiscal n’est pas illégal en soi, il faut bien appeler un chat un chat Les paradis fiscaux offrent trois avantages. Un taux d’imposition extrêmement bas voire nul, un secret bancaire important et un refus de coopérer avec les autres pays pour échanger des informations financières. Ces deux derniers avantages sont primordiaux dans le succès des paradis fiscaux. Les adeptes des paradis fiscaux veulent cacher leurs avoirs pour deux raisons essentielles, fiscales et judiciaires. Les cacher aux services fiscaux des pays où ils ont été générés pour ne pas payer d’impôts, les cacher à la justice des pays où ils ont été générés si leur origine est illégale. Bref, inutile de se voiler la face ou de se cacher derrière son petit doigt, si vous êtes détenteur de parts de société écran dans un paradis fiscal, vous avez immanquablement quelque chose à vous reprocher

Le principal enseignement des Panama Papers n’est donc pas de dévoiler des pratiques contestables mais d’en constater leur ampleur. Ces pratiques sont extrêmement répandues, en pleine croissance et banalisées. Pour ceux qui peuvent s’offrir ces services, l’adage n’est plus : « Trop d’impôt tue l’impôt » mais plutôt « objectif zéro impôt ». En France, cela concernerait, selon Le Monde, environ un millier de contribuables.


Philippe Fort
 
 
 




























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