Une large majorité socialiste à l’Assemblée nationale conforterait sa position et lui donnerait une marge de manœuvre importante en France. Ensuite, il faudra convaincre ses partenaires européens et essentiellement l’Allemagne, le poids lourd de l’Union. Angela Merkel n’a pas tardé à réagir : « Le pacte budgétaire n'est pas négociable » en soulignant que « il n’est pas possible de tout renégocier après chaque élection ». Elle n’a cependant pas écarté l’idée d’intégrer la croissance au sein du pacte en affirmant qu’elle ne voulait pas « d'une croissance par des déficits, mais d'une croissance par des réformes structurelles ». Autrement dit, les positions françaises et allemandes sont opposées. Pour favoriser la croissance, François Hollande souhaite financer des projets d’infrastructures européens au moyen entre autres d’eurobonds quand Angela Merkel veut améliorer la compétitivité en baissant, par exemple le coût du travail. Un compromis sera difficile voire impossible à trouver. Les relations franco-allemandes vont se détériorer. C’est inévitable.
En attendant, selon les prévisions semestrielles du FMI, le déficit public de la France devrait s'établir en 2013 à 3,9% du produit intérieur brut et atteindrait 4,6 % cette année, contre 4,4 % auxquels Nicolas Sarkozy s’était engagé auprès de ses partenaires européens. L’élection de François Hollande ne rassure cependant pas les marchés, Standard & Poor's a maintenu sa note « AA+ avec perspective négative » pour la France en estimant qu’il y a « toujours au moins une chance sur trois pour que soyons amenés à abaisser la note à long terme de la France cette année ou en 2013 ».
François Hollande a affirmé lors de sa campagne qu’il respecterait les 3 % de déficit, respectant ainsi les engagements français. Il affirme vouloir contrôler les dépenses tout en finançant différentes mesures par une fiscalité accrue. Le problème est de savoir si ces mesures auront un effet sur la croissance car ses prévisions pour le quinquennat semblent extrêmement optimistes, voire irréalistes, plus de 2 % par an après 2013.
En tous les cas nous serons vite fixés d’autant que François Hollande compte demander un audit des finances publiques à la Cour des Comptes pour savoir dans quel état se trouve le pays. Il sera donc d’autant plus facile dans le futur de faire le bilan de la présidence de François Hollande.
Philippe Fort