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CE QUE L’ON SAIT…

News du 03/10/2011
En attendant le vote du Budget par le Parlement qui définira précisément les recettes et les dépenses de l’Etat français, il est inutile pour l’instant de s’appesantir sur les mesures fiscales annoncées et leurs modalités d’application, même si certaines sont déjà connues. Attendons qu’elles soient votées. Il est en revanche très instructif de s’attarder sur ce que l’on sait. Pour respecter ses engagements après de la Commission européenne et accessoirement conserver son AAA, le déficit public doit passer de 5,7 % cette année à 4,5 % en 2012 et 3 % en 2013. La prévision de croissance pour 2012 sur laquelle se fonde le Budget est de 1,75 %. Selon l’INSEE, La dette publique de la France, en hausse de 46,4 milliards d'euros au deuxième trimestre, a atteint fin juin 1 692,7 milliards d’euros, soit 86,2% du PIB. La France empruntera près de 179 milliards d’euros l’année prochaine. Grâce à son triple A, elle bénéficie toujours de taux historiquement bas. Cependant, la charge de la dette en 2012, malgré des conditions d’emprunt avantageuses, sera d’environ 50 milliards d'euros. L’impôt sur le revenu rapportant un peu moins de 60 milliards d’euros, il ne servira bientôt qu’à couvrir les intérêts de la dette. Sous la menace des marchés financiers et malgré le risque de freiner la consommation et de réduire la compétitivité des entreprises, il n’y a d’autre solution que d’alourdir la fiscalité pour diminuer dans les prochaines années les déficits et la dette. Le niveau de prélèvements obligatoires devrait représenter 44,5 % de PIB en 2012 et devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2015 où il atteindre 45,4 %. Un record depuis 1999 où il avait culminé à 44,9 %. 2012 ne sera ainsi que le début d’une période d’austérité avec une fiscalité forte. Il faudra au moins trois ans, si les prévisions de croissance se réalisent et que les budgets sont respectés pour que s’enclenche le cercle vertueux d’une baisse de la dette. La France s’apprête donc à se serrer la ceinture pendant plusieurs années, les marchés financiers et le pacte de stabilité européen qui prévoira des sanctions seront là pour empêcher tout dérapage. Le budget 2012 illustre la fin d’une époque, celle des déficits et de l’envolée de la dette. Rappelons qu’il faut remonter à 1974, soit 38 ans, pour retrouver un budget français à l’équilibre. La situation françaises n’est pas un cas à part. Tous les Etats européens sont logés à la même enseigne. L’Allemagne et l’Angleterre ont également adopté des budgets de rigueur. Ces mesures sont indispensables et éviteront à la France de se retrouver dans la situation grecque. En cessation de paiement, la Grèce a perdu sa souveraineté. Son budget ne se fait plus à Athènes mais dans les bureaux du FMI et dans ceux des ministères des Finances européens. La potion sera amère pour les Français mais au moins s’agit-il d’auto médication.

Philippe Fort
 
 
 




























La taxe d'aménagement