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LES PARIS NE SONT PAS EN LIGNE AVEC LES ATTENTES

News du 01/12/2011
Le 12 mai 2010 le marché français s'ouvrait aux jeux et aux paris en ligne. Ce nouveau secteur de l'économie devait créer des emplois, financer le sport français, rapporter de l'argent à l'Etat et satisfaire une demande des Français qui n'avaient d'autre choix que de jouer illégalement sur des sites étrangers.
C'était donc avec un optimisme réel que tous les acteurs se félicitaient de voir naître ce nouveau marché porteur, même si les opérateurs se plaignaient déjà de la gourmandise de l'Etat. Un an et demi après, il faut déchanter. Les 35 opérateurs agréés à ce jour par l'Arjel, l'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne et qui détiennent 50 agréments actifs, 17 pour les paris sportifs, 10 pour les paris hippiques et 23 pour le poker, ont considérablement réduit leurs ambitions. Les budgets médias, selon Yacast, ont été divisés par trois, passant de 30 millions d'euros par mois à moins de 10 millions d'euros alors qu'elles dépassaient les 40
millions d'euros mensuels pour le lancement.
Les opérateurs qui regroupent les 2,6 millions de joueurs actifs et les 3,5 millions de membres inscrits sur un site de jeu n'ont pas réussi à séduire les Français même si près de 10 milliards d'euros ont été dépensés dont 8 milliards au poker. Le sénateur Pierre Trucy, également président du Comité Consultatif des Jeux, estime dans son rapport que 15 à 20 % des paris restent illégaux et que pratiquement aucun opérateur ne gagne de l'argent.
Pour l'impôt sur les bénéfices des sociétés, l'Etat devra patienter. En revanche, en taxant à 5,7 % les mises sur les paris sportifs et hippiques et 1,8 % sur les mises dans les cercles de jeu,
essentiellement le poker, l'Etat a encaissé 700 millions d'euros. Pour 2012, Valérie Pécresse, dans un rapport, ne table plus que sur 313
millions d'euros tout en maintenant « le niveau et les modalités des prélèvements actuels ».
Pourtant, tous les acteurs, dont François Trucy ou Jean-François Lamour et Laure Filipetti, également auteurs d'un rapport sur le sujet qui sera rendu dans deux mois, seraient favorables à une taxation sur le produit brut des jeux. Le PBJ est le chiffre d'affaires réel des opérateurs, puisqu'il tient compte des gains redistribués aux joueurs. Pour le troisième trimestre 2011, concernant les paris sportifs, les mises ont atteint près 150 millions d'euros, soit environ 8,8 millions d'euros de recettes fiscales.
Le PBJ n'est en revanche que près de 30 millions d'euros. Il faudra revoir le taux d'imposition car, comme le souligne Jean-François Lamour, l'Etat doit préserver ses recettes. Le passage à une taxe sur le PBJ n'allégerait ainsi pas l'impôt pesant sur joueurs et opérateurs, il permettrait cependant une meilleure lisibilité et assurerait une équité entre les opérateurs qui pourraient alors avoir des stratégies de redistribution différentes sans être favorisés ou pénalisés pour autant.

Philippe Fort
 
 
 




























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