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JUIN ET JUILLET, DEUX MOIS CHARNIERE POUR L’ORIENTATION POLITIQUE DE L’ECONOMIE FRANCAISE

News du 01/07/2012
La Bourse de Paris a clôturé sa dernière séance du mois de juin avec une hausse de 4,75 %, la plus forte de l’année. L’accord européen intervenu au sommet de Bruxelles a dopé les places européennes, + 6,59 % à Milan, + 5,66 % à Madrid, + 4,33 % à Francfort. Les taux sur les titres de dette italiens et espagnols, dans le viseur des marchés financiers, ont reculé, passant sous les 6 % pour l’Italie et sous les 7 % pour l’Espagne. Espérons que le cercle vicieux dans lequel se trouve l’Europe est brisé. En effet, la crise conduit à une baisse des recettes fiscales, qui engendre une hausse des déficits, qui génère une augmentation des besoins de financement et une dégradation de la solvabilité, qui font monter les taux d’intérêt, la dette et la charge de la dette. Ce qui dégrade encore plus l’état des finances publiques… Alors, l’accord du 29 juin est-il le remède miracle ? Certainement pas, il permet de gagner du temps et au mieux, il est le point de basculement permettant à l’Europe et à la France de sortir de l’ornière. Quelles décisions ont été prises lors du sommet ? Le pacte de croissance réclamée par François Hollande qui en en avait fait un préalable à la ratification du pacte budgétaire sera de 130 milliards d’euros, insuffisant pour relancer la croissance et il faudra attendre pour le voir produire ses premiers effets. La BCE obtient un rôle de superviseur des banques centrales européennes qui sera mis en place début 2013. En échange, celles-ci pourront se recapitaliser directement par le Mécanisme européen de stabilité, obtenant ainsi des meilleures conditions de financement. Autrement dit les emprunts seront désormais mutualisés, l’Europe levant les fonds sur les marchés pour les pays. Cette mesure est très risquée car elle s’accompagne d’une levée partielle de la seniorité du MES. Les prêteurs ne seront plus prioritaires, rendant leur investissement plus aléatoire, provoquant une hausse des taux d’intérêt sur les sommes qu’ils engageront. Le principe d’une taxe sur les transactions financières semble également acquis même s’il reste encore à en définir le taux et quels pays l’appliqueront.

Pendant ce temps, en France, le projet de loi de finances rectificative pour 2012 sera présenté en conseil des Ministres début juillet et débattu à l’Assemblée nationale mi-juillet. Il permettra de connaître les recettes et les dépenses. Pour respecter le pacte de stabilité que la France devra ratifier, il faut freiner les dépenses, augmenter les recettes et juguler une dette qui a, selon l’INSEE, encore augmenté de 72,4 milliards d'euros pour atteindre un total de 1.789,4 milliards, soit 89,3 % du PIB. Pour les dépenses, Jean-Marc Ayrault a envoyé le 28 juin à ses ministres de cadrage budgétaire. Le nouveau Premier ministre entend « stabiliser en valeur les dépenses de personnel », jamais vu depuis 1945. En clair, comme le nombre de fonctionnaires baissera peu, le seul moyen pour atteindre cet objectif est de bloquer les salaires dans la fonction publique. Côté recettes, les impôts augmenteront. La liste des mesures étudiées est longue et il sera temps d’en étudier les conséquences à la rentrée. Cependant, une modification des conditions sur les donations est probable pour ne pas dire certaine. Alors, un conseil, si vous envisagez de faire des dons à vos enfants, faites le avant de partir en vacances.

Philippe Fort
 
 
 




























La taxe d'aménagement