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L’EURO, DERNIERS SOUBRESAUTS OU RENAISSANCE ?

News du 01/01/2012
Le 1er janvier 2002, l’euro remplaçait la monnaie nationale dans 12 pays de l’Union européenne dont la France. Aujourd’hui, dix ans après, il est au bord du gouffre. Peut-il, doit-il être sauvé ? Pour répondre à cette question, il convient de dresser un bilan de son introduction. La monnaie unique a permis de créer et de dynamiser un vaste espace économique. Les échanges de biens et services ont plus augmenté au sein de la zone euro qu’avec les pays, comme l’Angleterre, qui ne l’ont pas adopté. Les entreprises de la zone euro économisent tous les coûts liés aux opérations de change et ne subissent plus les risques qui y étaient liées. Cela étant dit, la croissance attendue, espérée des bienfaits de l’euro sur les économies n’est pas toujours pas au rendez-vous dix ans après. Force est de constater que la croissance est restée faible.
Si le passage à l’euro s’est traduit au départ par une augmentation des prix, à l’instar de l’expression allemande, « teuro », contraction de « teuer », cher, et d’euro, l’avantage indéniable et indiscutable que l’euro a apporté aux pays qui l’ont adopté est la maîtrise de l’inflation. Elle est restée autour de 2 % par an. Cette maîtrise a permis une réduction importante des taux d’emprunt dont ont bénéficié les entreprises, les particuliers, notamment pour l’accession à la propriété, et les Etats. Malheureusement, les Etats, profitant de taux d’intérêts faibles, ont préféré ne pas respecter le pacte de stabilité, laissant les dépenses publiques et la dette augmenter.
Aujourd’hui, il faut payer le prix de cette irresponsabilité. Les pays ne peuvent plus se cacher derrière un euro fort et stable, bien au contraire, 10 ans de déficits accrus ont accentué de façon inquiétante les dettes des pays. Leur solvabilité est remise en question. En perdant le triple A, les pays s’exposent à des taux d’intérêts en hausse face à une dette qui a augmenté. Un double effet désastreux, voire insurmontable. Pour sauver l’euro et éviter une faillite des Etats, les chefs d’Etat et de gouvernement n’ont qu’une solution, la mise en place de plans d’austérité qui compriment de façon drastique les dépenses. Il faut au plus vite, retrouver des budgets équilibrés. C’est l’objectif du nouveau traité annoncé lors du sommet du 9 décembre. Il repose sur un contrôle plus strict des budgets nationaux et sur une réforme limitée du futur Mécanisme européen de stabilité (MES). Les modalités restent à préciser mais les pays dont les déficits seront supérieurs à 3 % de leur PIB subiront des sanctions automatiques. De plus, les Etats devront intégrer dans leur législation une obligation de maintien sous un certain seuil des déficits.
Ces annonces ont le mérite, pour l’instant, de rassurer les marchés financiers mais ces derniers jugeront ensuite de la mise en place et du respect des mesures prises par les Etats. Tout dérapage, toute envolée des dépenses et des déficits se traduira par une nouvelle crise qui pourra sonner, à chaque fois, le glas de l’euro. Une pression fiscale forte contre des prestations moins importantes est ainsi pour de nombreuses années, le sort de tous les pays européens en attendant un retour à un taux d’endettement acceptable.

Philippe Fort
 
 
 




























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