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UN BUDGET QUI S’ADAPTE PEU A UNE REALITE ECONOMIQUE DESASTREUSE

News du 01/10/2014
Un budget qui s’adapte peu à une réalité économique désastreuse

Michel Sapin a présenté le 1er octobre 2014 en Conseil des Ministres le projet de loi de finances (PLF) 2015. Finies les déclarations volontaires et volontaristes qui annonçaient un retour de la croissance dans un avenir proche, le gouvernement a dû, doit et devra s’adapter à une conjoncture économique française, il faut bien le dire, désastreuse. Alors qu’une grande partie de l’Europe a retrouvé les chemins de la croissance, en France, ce n’est pas le cas. Le constat est implacable, le ministre de l’Economie et des Finances s’en excusant presque en parlant d’une présentation « des comptes sincères ». La France s’adapte. Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse, de 1 %, ce qui n’était déjà pas fameux, à 0,4 %. Mécaniquement, les rentrées fiscales, TVA, impôts etc. ne seront pas à la hauteur. Résultat, le gouvernement laisse filer le déficit tout en promettant un plan d’économies de 21 milliards d’euros. Le respect du pacte de stabilité et des 3 % de déficit par rapport au PIB est repoussé à 2017. Rappelons qu’il sera de 4,4 % cette année, il devrait être de 4,3 % en 2015, de 3,8 % en 2016 pour enfin passer à 2,8 en 2017 %. Autant dire que Bruxelles ne sera pas content, même si la Commission n’a encore fait aucun commentaire. La France doit rendre son budget au plus tard le 15 octobre et la Commission donnera ses avis le 15 novembre. Avec autant de retard, la France risque d’être la dernière à rentrer dans les clous. Bruxelles pourrait demander au gouvernement de revoir son budget et, en théorie même si cela reste improbable, elle pourrait infliger à la France une amende de 0,2 % du PIB. Les négociations à Bruxelles seront serrées.

Ce budget, que contient-il ? Est-il utile de détailler les économies prévues sur les dépenses publiques et, entre autres, sur la réduction du nombre des fonctionnaires ? La réponse tient en un chiffre : 1 200. C’est le nombre de postes qui seront supprimés dans la fonction publique, autant dire une goutte d’eau. C’est trop peu. Les dépenses publiques, elles, représenteront encore 56,1 % du PIB en 2015. C’est beaucoup trop.

La hausse annoncée du prix du diesel ? 2 centimes par litre. Elle touchera essentiellement les automobilistes puisque les transporteurs en sont exonérés. Selon le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, cette mesure devrait rapporter 800 millions d’euros. Les transporteurs en sont exonérés.

Reste la mesure phare du gouvernement, la première tranche d’imposition passe de 6 000 euros à 10 000 euros. 3 millions de foyers fiscaux ne paieront ainsi plus d’impôt. Cela pourrait permettre de maintenir la consommation en aidant les ménages les plus modestes mais il y a une contrepartie néfaste. L’impôt sur le revenu touche de moins en moins de personnes d’où un sentiment croissant et justifié d’injustice pour ceux qui le paient.

Pendant ce temps, la dette a dépassé les 2 000 milliards d’euros et le taux de chômage devrait encore augmenter, de 0,2 % en métropole d'ici à la fin de l'année, selon des prévisions de l'Insee publiées le 2 octobre 2014.

Philippe Fort
 
 
 




























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